Les Ecrans du Tout-Monde – Rencontre : la pensée d’Edouard Glissant

Mondialité, créolisation, archipel, Relation, opacité, pensée du tremblement

Projection d’entretiens inédits avec Édouard Glissant, réalisés par Manthia Diawara

 

Rencontre : Patrick Chamoiseau et Manthia Diawara reviennent sur les concepts qui structurent la pensée d’Edouard Glissant et sa vision du monde.

 

« Penser l’état du monde, dans la philosophie du tout-monde d’Edouard Glissant, c’est être sensible aux frémissements de tous les lieux du monde, sans la moindre distinction entre les plus grands et les plus petits, avec égales mesures et le même souci pour l’équilibre du monde. Le tout-monde est comme un corps dont il faut s’occuper de toutes les parties, intérieures et extérieures; vivre dans le tout-monde, c’est savoir trembler avec tous les vivants, visibles et invisibles; et recevoir le poème dans toutes les langues du monde.

La pensée de l’état du monde nous interpelle aussi, temporalement, pour interroger les états des lieux du monde, les événements et les agissements, qui pourraient nuire au corps du tout-monde, et conduire à son déséquilibre. La pensée de l’état du monde est donc, tout d’abord, une pensée qui nous prépare contre l’imprévisible, elle aide à recevoir nos intuitions solidaires et l’inextricable complexité de nos humanités.

C’est pourquoi Édouard Glissant aimait apposer la pensée du tout-monde à celle du concept de la mondialisation ou de la globalisation, dans laquelle il n’y a pas de place pour la poésie ou pour la parole opaque, ni pour le tremblement, comme disait-il, où seules les pensées de la transparence, des prix uniques et de la systématisation des systèmes ont droit de citer.

Vivre dans le tout-monde, au contraire, c’est avoir la capacité de « changer en échangeant » avec toutes les particules vivantes du monde, des plus grandes aux plus petites, des plus visibles aux plus cachées.

Édouard Glissant, philosophe de notre temps présent, aimait souvent utiliser le concept de chaos-opera pour désigner les relations dans le tout-monde. Le chaos-opera est l’opacité qui sous-tend toute relation, en ce sens que la Relation, en liant, pour relater et relier, contient en elle même, et en même temps, le chaos et l’étincelle de la vie et de la création. C’est pourquoi Édouard Glissant parlait de chaos-opera comme condition nécessaire à toute relation.

Nous pressentons ici que l’on pourrait diagnostiquer les effets de l’état du monde aujourd’hui,  sa complexité, ses fractures, ses tremblements, en entrant en relation avec les pensées d’Édouard Glissant telles que : Mondialité, Créolisation, Archipel, Relation et Opacité. »

Manthia Diawara

 

Patrick Chamoiseau est né en 1953 à Fort-de-France. En 1992, il reçoit le prix Goncourt pour son roman Texaco. Il écrit romans, essais, contes et scénarios depuis 1986. Les travaux d’Edouard Glissant l’ont beaucoup influencé, notamment dans son élaboration de la théorie de la créolité.

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16 juillet
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